V – Le Hiérophante

Le Hiérophante

 par Arthur Edward Waite version française Tof

5. Le Grand Prêtre ou Hiérophante, appelé aussi Père Spirituel et plus souvent bien sûr, le Pape. Il semble même avoir été nommé l’Abbé et son alter ego la Grande Prêtresse, était alors l’Abbesse ou de la Mère du Couvent. Les deux sont des noms arbitraires. Les insignes des personnages sont papaux, et dans ce cas, la Grande Prêtresse est et ne peut être que l’Eglise à qui le Pape et les prêtres sont mariés selon le rite spirituel de l’ordination. Je pense, cependant, que dans sa forme primitive, cette carte ne représentait pas le Pontife Romain.

Particularités du Hiérophante du Jeu Rider-Waite : 

Il porte la triple couronne et est assis entre deux piliers, mais ce ne sont pas ceux du Temple qui est gardé par la Grande Prêtresse. Dans sa main gauche il a un sceptre se terminant par la triple croix et de sa main droite, il fait un signe ecclésiastique bien connu que l’on dit être celui de l’ésotérisme, la distinction entre la partie manifestée de la doctrine et celle qui est cachée. Il faut noter à ce sujet que la Grande Prêtresse ne fait aucun signe. A ses pieds il y a les clés croisées et deux prêtres en aube agenouillés devant lui. Généralement on l’appelle le Pape qui est l’une des fonctions particulières du rôle plus général qu’il symbolise. Il est le pouvoir en place de la religion perceptible, comme la Grande Prêtresse est le génie prévalant de l’ésotérisme, le pouvoir retiré. La signification correcte de cette carte a souffert d’un mélange déplorable venant d’un peu partout. Le Grand Orient dit réellement que le Hiérophante est le pouvoir des clefs, la doctrine orthodoxe exotérique et le côté extérieur de la vie qui conduit à la doctrine, mais ce n’est certainement pas le prince de la doctrine occulte, comme un autre commentateur l’a suggéré.

Il est plutôt la summa totius theologiæ, qui est passée à une grande rigidité d’expression, mais il symbolise aussi tout ce qui est juste et sacré du côté manifesté. En tant que tel, il est le canal de la grâce appartenant au monde de l’institution par opposition à celui de la nature et il est le responsable du salut de la race humaine dans son ensemble. Il est l’ordre et à la tête de la hiérarchie reconnue, qui est le reflet d’un autre ordre hiérarchique plus important, mais il peut arriver que le pontife oublie la signification symbolique de cet état et qu’il agisse comme s’il contenait en lui tout ce que signifie son signe ou ce que son symbole cherche à montrer. Il n’est pas, comme on l’a pensé, la philosophie, sauf sur le côté théologique, il n’est pas l’inspiration et il n’est pas la religion, bien qu’il soit un mode de l’expression de la religion.

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IV- L’Empereur

L’Empereur

 par Arthur Edward Waite version française Tof

4. L’Empereur, par imputation l’époux de la carte précédente. Il est parfois représenté portant, en plus de ses insignes personnels, les étoiles ou rubans d’un ordre de chevalerie. Je mentionne cela pour montrer que les cartes sont un mélange d’emblèmes anciens et récents. Certains insistent sur les liens qu’ont les emblèmes entre eux. Le fait qu’on trouve sur une carte d’anciens éléments ne signifie aucunement que cette carte est ancienne, mais on ne tirera pas non plus de conclusion du fait qu’y soient incorporées sporadiquement des nouveautés, dont l’intervention peut n’être due qu’à la main imbécile d’un éditeur ou d’un dessinateur tardif. 

Particularités de l’Empereur du Jeu Rider-Waite : 

 
Son sceptre a une forme de Croix ansée et il a un globe dans sa main gauche. C’est un monarque couronné – commandant, majestueux, assis sur un trône. Sous ses bras il y a des têtes de béliers. Il est l’exécutif et la réalisation, la puissance de ce monde, ici il est revêtu de ses attributs naturels les plus élevés. Il est parfois représenté assis sur une pierre cubique, ce qui mélange cependant certaines des questions. Il est la puissance virile, à laquelle répond l’Impératrice, et en ce sens il est celui qui vise à enlever le Voile d’Isis et pourtant elle demeure virgo intacta.

Il faut comprendre que cette carte et celle de l’Impératrice ne représentent précisément la condition de la vie maritale, même si cet état est implicite. En surface, comme je l’ai indiqué, ils représentent la royauté ordinaire, assis sur les sièges des puissants, mais par dessus tout il y a la suggestion d’une autre présence. Ils représentent aussi – surtout le personnage masculin – la royauté supérieure, ils occupent le trône intellectuel. On voit ici la domination de la pensée plutôt que celle du monde animal. Les deux personnalités, à leur manière, sont « remplies d’expérience étrange », mais la sagesse qui vient d’un monde supérieur n’est pas consciemment leure. L’empereur a été décrit comme (a) volonté dans sa forme incarnée, mais ce n’est là que l’une de ses applications, et (b) comme une expression des virtualités contenues dans l’Etre Absolu – mais cela relève de la fantaisie.

III- L’Impératrice

 L’Impératrice

 par Arthur Edward Waite version française Tof 

3. L’Impératrice, qui est parfois représentée de face alors que son alter ego, l’Empereur, est de profil. Comme il y a eu une certaine tendance à donner une signification symbolique de cette distinction, il semble souhaitable de dire que cela n’a aucune signification intérieure. L’Impératrice a été liée aux idées de fécondité universelle et dans un sens général avec l’activité.

Particularités de l’Impératrice du Jeu Rider-Waite :

Une figure imposante, assise, avec de riches vêtements et un aspect royal, une fille du ciel et de la terre. Son diadème est composé de douze étoiles qui sont réunies en un bouquet. On voit le symbole de Vénus sur le bouclier qui est posé près d’elle. Un champ de blé mûrit devant elle et derrière elle il y a une cascade. Le sceptre qu’elle porte est surmonté du globe de ce monde. Elle est dans le Jardin inférieur d’Eden, le Paradis Terrestre, tout cela est symbolisé par la maison visible de l’homme. Elle n’est pas la Regina Coeli, mais reste toujours la Refugium Peccatorum, la mère féconde aux milliers d’enfants. Il y a aussi certains aspects dans lesquels elle a été correctement décrite comme le désir et les ailes du désir, comme la femme revêtue de soleil, comme la Gloria Mundi et le voile du Saint des Saints, mais elle n’est pas, pourrais-je ajouter, l’âme qui a reçu des ailes, à moins que tout le symbolisme soit considéré d’une façon différente et inhabituelle. Elle est avant tout la fécondité universelle et le sens extérieur de la Parole. C’est évident, car il n’y a aucun message direct qui a été donné à l’homme équivalent à celui porté la femme, mais elle ne symbolise pas cette interprétation.

Dans un autre ordre d’idées, la carte de l’Impératrice désigne la porte ou le portail par lequel on entre dans cette vie, comme dans le jardin de Vénus puis le chemin qui permet d’en sortir, et d’aller vers l’au-delà. C’est le secret que connaît la Grande Prêtresse: elle le communique à l’élu. La plupart des attributions anciennes du symbolisme de cette carte sont complètement erronées – comme, par exemple, son identification avec le Verbe, la Nature Divine, la Triade, et ainsi de suite.

II – La Grande Prêtresse

La Grande Prêtresse

 par Arthur Edward Waite version française Tof 


2. La Grande Prêtresse, la Papesse Jeanne, ou le Pontife Féminin; d’anciens commentateurs ont pensé appeler cette carte la Mère ou la Femme du Pape ce qui est en opposition avec son symbolisme. On dit parfois qu’elle représente la Loi Divine et la Gnose, dans ce cas, la Prêtresse correspond à l’idée de la Shekinah. Elle est la Tradition Secrète et le sens élevé des Mystères Institués.
Particularités de la Grande Prêtresse du Jeu Rider-Waite :

Elle a le croissant lunaire à ses pieds, un diadème cornu sur la tête, avec un globe au centre et une grande croix solaire sur sa poitrine. Sur le parchemin dans ses mains est inscrit le mot Tora, un mot qui signifie la Loi Supérieure, la Loi Secrète et le sens second du Mot. Le parchemin est partiellement recouvert par son manteau pour montrer que certaines choses sont implicites et certaines sont exprimées. Elle est assise entre les piliers blancs et noirs – Jakin et Boaz. – du Temple de mystique. Le voile du Temple est derrière elle, il est brodé de palmiers et de grenades. Ses vêtements sont fluides et vaporeux et le manteau suggère la lumière – un scintillement. Elle a été appelée « Science occulte sur le seuil du Sanctuaire d’Isis », mais en réalité elle est l’Eglise Secrète, la Maison qui tient de Dieu et l’homme. Elle représente aussi le Second Mariage du Prince qui n’est plus de ce monde, elle est l’épouse et la Mère spirituelle, la fille des étoiles et le Jardin Supérieur d’Eden. Elle est, in fine, la Reine de la lumière qui a été empruntée, mais c’est la lumière de tous. Elle est la Lune nourrie du lait de la Mère Surnaturelle.

D’un certain sens, elle est aussi la Mère Surnaturelle elle-même – c’est-à-dire qu’elle est le reflet lumineux. C’est dans ce sens de réflexion que Shekinah – la gloire qui cohabite- est son nom le plus exact et plus élevé. Selon la Kabbale, Shekinah est à la fois au-dessus et en dessous. Dans le monde supérieur, elle est appelée Binah, la Compréhension Surnaturelle qui reflète les émanations qui sont en dessous. Dans le monde inférieur, elle est MaIkuth – ce monde qui est, dans ce cas compris comme un Royaume béni qui est béni parce qu’elle est la Gloire à Demeure. Mystiquement parlant, la Shekinah est l’Epouse Spirituelle de l’homme juste et quand il lit la Loi, elle donne la signification Divine. Il y a quelques domaines où cette carte est la plus élevée et la plus sacrée des Arcanes Majeures.

I – Le Magicien

Le Magicien

par Arthur Edward Waite version française Tof 

 1. Le Mage, Magicien ou jongleur, le lanceur de dés et saltimbanque dans le monde de la vulgaire ruse.
Voilà l’interprétation « colportage » et cette carte a la même correspondance avec la véritable signification symbolique que l’utilisation du Tarot de la diseuse de bonne aventure a avec sa construction mystique selon la science secrète du symbolisme. Je dois ajouter que de nombreux étudiants indépendants du sujet, suivant leurs propres illuminations, ont découvert des séquences individuelles de significations concernant les Arcanes Majeures et leurs lumières sont parfois évocatrices, mais ce ne sont pas les véritables lumières. Par exemple, Eliphas Lévi dit que le Mage désigne cette unité qui est la mère de nombreux enfants, d’autres disent que c’est l’Unité Divine et l’un des derniers commentateurs français considère que, dans son sens général, c’est la volonté.
Particularités de la carte du Magicien du Jeu Rider-Waite :

Un jeune homme dans les vêtements d’un magicien, il a le visage du divin Apollon, avec un sourire de confiance et les yeux brillants. Au dessus de sa tête il y le signe mystérieux de l’Esprit Saint, le signe de la vie, comme un cordon sans fin qui forme le signe 8 en position horizontale. Autour de sa taille il y a un serpent-ceinture, le serpent semble dévorer sa propre queue. La plupart reconnaîtront là un symbole classique de l’éternité, mais ici, il désigne plus particulièrement l’éternité de la réalisation dans l’esprit. Dans la main droite du Magicien il y a une baguette levée vers le ciel, sa main gauche est dirigée vers la terre. Ce signe double est connu dans les très hauts grades des Mystères Institués, il montre la descente de la grâce, la vertu et la lumière, tirées de ce qui est en haut et envoyées à ce qui est en bas. Il suggère donc la possession et la communication des Pouvoirs et Dons de l’Esprit. Sur la table devant le Magicien il y les symboles des quatre couleurs des Tarots, symbolisant les éléments de la vie naturelle, qui sont disposées comme sur un comptoir devant l’adepte et il les adapte comme il le veut. Sous les roses et les lis, la fleur du champs et le lys, changés en jardin de fleurs, pour montrer la culture de l’aspiration. Cette carte symbolise le moteur divin en l’homme, reflétant Dieu, la volonté de la libération de son union avec ce qui est au-dessus. Elle désigne aussi l’unité sur tous les plans de l’être individuel. Pour revenir à ce que j’ai appelé le signe de vie et son lien avec le chiffre 8, on peut se souvenir que le gnosticisme chrétien parle de la renaissance dans le Christ comme un changement « dans l’Ogdoade. » Le chiffre mystique est appelé la Jérusalem d’en haut, le Pays où coulent le Lait et le Miel, le Saint-Esprit et le Pays du Seigneur. Selon le martinisme, 8 est le chiffre du Christ.